Star Wars 8 – Du très bien noyé dans du bof

Je sors de ma tanière pour parler de ce petit film indé dont personne ne parle. Il faut dire que, le pauvre, il n’est pas aidé par une promo quasi inexistante. Son grand frère, le 7ème opus m’avait laissé un souvenir totalement gênant, entre fan service mal foutu, personnages bazardés n’importe comment et grand méchant en mode ado rebelle qui veut tuer son papa car il l’a empêché d’aller à une boom sur Tatooïne. Bref, j’avais trouvé le 7 franchement raté… mais Rogue One franchement réussi. Qu’allait donc valoir ce nouvel opus ? Quel mystère mes amis, d’autant plus qu’avec le titre de l’article j’ai déjà répondu… warning : cet article part du principe que vous avez tous vu le film, ce qui est fort possible vu son box office, et ca va donc spoiler sec.

Le rébellion est dans la panade. Le premier ordre est en train de traquer les derniers d’entre eux, obligés de fuir sur un croiseur Mon Calamari bientôt à court de carburant. De son côté, Rey essaie désespérément de convaincre un Luke fatigué de l’entraîner à devenir une jedi. Poe, habitué aux actions d’éclat, trépigne à l’idée d’en découdre mais se voit interdire de le faire par la général Leïa. Finn va donc partir à la recherche d’un hacker permettant de s’introduire dans le vaisseau mère de leurs poursuivants impériaux afin d’y désactiver leur système de tracking et de permettre aux derniers rebelles de fuir.

Faisons simple : bien moins honteux que le 7, bien moins réussi que Rogue One. Mais pourquoi dont, me demanderez-vous, avide de boire ma bonne parole devenue si rare à cause d’un boulot chronophage ? Eclaire-nous, montre-nous ta vergue, donne-nous la lumière. Déjà, je vous répondrai de vous calmer, et vous n’avez qu’à aller activer l’interrupteur si vous voulez y voir plus clair. Ensuite, tout simplement à cause encore et toujours du scénario. Ce foutu scénario qui rend un film mauvais ou bon selon l’énergie et le savoir-faire qu’on y a consacré.

Or, sur 2h30 que durent le film, on a 1h30 de poursuite molle dans l’espace, en ligne droite, entre une flotte impériale et un pauvre croiseur rebelle qui ne peut se défendre sans aller se faire atomiser. Et on perd une bonne vingtaine de minutes supplémentaires pour une intrigue secondaire (la recherche du fameux hacker) qui est visuellement et scénaristiquement nulle.  Et je ne parle même pas de la romance foireuse entre Finn et une technicienne asiatique parce qu’il faut bien percer le marché chinois, coco. Il reste peu, à savoir une quarantaine de minutes, pour raconter quelque chose d’intéressant Heureusement, si les presque 2h citées plus haut sont aussi passionnantes que la lecture de l’annuaire de Naboo et tirent le film vers le bas… le reste le tire vers le haut.

Alors parlons de ce qui est réussi. Déjà, la direction artistique est la photo sont magnifique. Ce travail sur le rouge, une idée certes toute simple, fonctionne à merveille. Que ce soit le QG du Supreme Leader Snoke ou l’affrontement final sur une planète de sel recouverte d’une couche de particules rougeâtre, c’est beau. Sûrement le plus beau film de l’année après le Blade Runner de Villeneuve. Ensuite, il y a la relation Rey / Kylo Ren, dynamique, intéressante, qui offre les meilleurs moments du film. Y compris dans une simple discussion à distance. Enfin, il y a le personnage de Kylo Ren, franchement embarrassant dans le 7, qui ici prend de l’importance et gagne énormément en caractérisation.

On peut également citer le plaisir de revoir Luke, et les prémices de son affrontement avec Kylo Ren… malheureusement gâché par un choix scénaristique, à savoir sa mort volontaire, donc on n’arrive toujours pas à comprendre la raison, tant elle tombe comme un cheveu sur la soupe. Ou cette idée de faire de Leîa une utilisatrice de la force pour survivre dans l’espace. Une belle idée à la con. Ou encore utiliser soudain un croiseur passant en hyperespace pour massacrer la flotte adverse, ce qui vient contredire 30 ans de film et de fuite inespérée.

Au rayon du parfait manuel du scénariste à la con, on peut également citer l’utilisation à l’excès de Deus Ex Machina, à savoir de situations désespérées où quelqu’un apparait pile poil au bon endroit au bon moment, avec la délicatesse d’un Taun Taun dans un magasin de porcelaine. Ou la mort stupide d’un chouette méchant à savoir Snoke qui le rend totalement sous-exploité. Ou à l’utilisation de Phasma comme un moteur totalement inutile d’une intrigue secondaire dont on se fout… et à sa mort on ne peut plus naze. Bref, autant Rey et Kilo Ren y gagnent beaucoup, Luke également (sauf sa mort), Poe et Finn sont traités n’importe comment, Chewbacca est relégué au rang de figurant et je crains bien qu’on ne doive se payer une doublure numérique de Leïa pour une séquence hommage dans le 9.

Ce qu’il reste du film prouve une fois de plus que JJ est plus un fossoyeur qu’un producteur capable de tirer vers le haut. Et que c’est un mauvais choix que de lui confier de nouveau les manettes de réalisateur pour le 9. Car si le 8 a cette belle facture technique, c’est grâce à Ryan Johnson, qui a su apporter un peu de souffle. A tel point que je me demande si la séquence du casino, totalement inutile, n’aurait pas été réalisée par JJ lui-même, ou un de ses assistants, plutôt que par Johnson, tellement elle dénote totalement dans le film.

En tout cas, autant Rogue One avait une structure claire, des personnages secondaires forts, des enjeux impliquant pour le spectateur, autant là… on nage dans la fameuse marvellisation / disneyisation du cinéma, consistant à rendre lisse et sans trop d’aspérité tout film, vu avant tout comme un objet marketing devant touché la clientèle la plus large. Du coup, il manque une âme à ce film, une âme que Ryan Johnson, malgré sa bonne volonté, n’est pas arrivé à insuffler. Mais il reste néanmoins un film qui a plus de personnalité que l’épisode 7 ou les deux Star trek de JJ Abrams. Ce qui n’est finalement pas si mal.

Bref, l’épisode 8 est décevant, mais vaut le détour pour quelques belles idées éparses.

Ma note :

Post Author: Bemovie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *