Godless – Western moderne mais qui loupe le coche

Le féminisme est à la mode. Et comme toute chose à la mode, le concept est décliné à l’infini, souvent n’importe comment où en étant utilisé comme un terme prétexte pour faire autre chose. Alors quand Godless est arrivé sur Netflix, présenté comme un western féministe, je m’attendais à voir un film où des femmes obèses, non rasées sous les bras et avec des coupes de cheveux improbables manifester dans la rue devant le saloon en criant « à bas ce salaud de partriarcat ». Bon j’avoue, je ne savais pas ce que le terme voulait dire. En fait, il fallait comprendre : « western avec des femmes ». Pourquoi pas, surtout qu’un des meilleurs se nomme Il était une fois dans l’ouest avec une Claudia Cardinale solaire. Sauf que n’est pas Leone qui veut, et un western avec de mauvais gunfights… est forcément raté.

Fin du 19ème siècle. Un bandit nommé Frank Griffin, et sa bande de flingueurs, traque un ancien des leurs, nommé Roy Goode. Roy, fatigué des méthodes de son ancien patron a décidé de prendre le large, lui volant au passage le butin d’un braquage de train. Blessé mais fine gâchette, il arrive à estropier son ancien patron avant de trouver refuge dans la ville de Labelle, cité minière quasi exclusivement féminine, après qu’un incident da la mine ait tué quasiment tous les hommes de la ville. Et la vie n’est pas facile à Labelle, entre un concessionnaire qui compte bien reprendre le business local en extorquant les femmes, un shérif a moitié aveugle et son adjoint frimeur…

Il faudra m’expliquer cette mode du féminisme autoproclamé qui pense que donner un flingue à une femme s’est être vachement rebelle, t’as vu. Maintenant, si on fait si de cette terminologie, il reste un western qui tente de faire la part belle aux femmes, avec cette chouette idée de ville où elles vont devoir apprendre à se défendre seules… ou presque. Car même si elles se débrouillent comme elles le peuvent avec une Winchester, il faudra attendre le retour de deux hommes fin flingueurs pour faire le ménage et libérer la ville.

Entre l’intro et cette libération… il y a un grand vide. Un grand vide où pendant sept épisodes on nous parle des personnages, pas toujours super intéressants à coup de flashbacks et de scènes pas franchement passionnantes qui font qu’on pense plus à sa liste de course et au fait qu’on se demande si c’est l’éléphant ou l’hippopotame qui est le plus fort (facile, c’est l’éléphant, car il a toute sa force dans sa trompe). Bref, on se retrouve avec une série plaisante au premier abord, avec un chouette pilote… mais qui se perd comme d’hab avec une narration beaucoup trop longue qui remplit pour remplir.

Et comme je le disais en intro, Godless à un autre grand défaut : son gros gunfight final. Après l’avoir attendu pendant 7 longs épisodes (50 min à 1h20 chacun), on s’attend à un morceau de bravoure digne d’un film avec Eastwood. Hélas, Impitoyable peut dormir tranquille : ce gunfight n’a aucun sens de la topologie (on ne sait pas vraiment où se situent les persos, et ils restent comme des cons à leur place à se faire tirer comme des lapins plutôt que de profiter des décors), de la cohérence (Griffin reste là sans broncher une plombe avant de soudain disparaitre), de la stratégie (le plan le plus con du monde : reste à se faire tirer dessus, puis se faire prendre en tenaille par les deux flingueurs, dont un charge dans le tas sans se prendre une bastos), etc… bref, un gros pétard mouillé, qui fait un gros pssfffrrttttt en vous regardant avec des yeux humides en espérant que vous l’aimerez quand même.

Reste un casting sympa : Jeff Bridges, Scoot McNairy, Michelle Dockery, Thomas Brodie-Sangster, quelques belles images, des persos un peu sacrifiés (l’ancienne putain devenue maitresse d’école) ou d’autres qui jouent au mec le temps que ceux-ci reviennent, mais n’ont pas de vraie personnalité (Marie Agnès jouée par Merritt Wever). Beaucoup de bonnes petites idées éparses, mais un tout qui manque de cohérence malgré une certaine ambition. Et on se prend à rêver de ce que Leone, Costner ou Eastwood auraient pu faire d’un tel sujet…

Bref, Godless, il y a des idées, c’est pas déplaisant, mais c’est long et quand même un peu raté.

Ma note :

Post Author: Bemovie

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