Coco – Une petite perle d’écriture et d’émotion

Je dois l’avouer, Pixar ne fait pas systématiquement mouchez chez moi. Par exemple avec Là-Haut, donc la scène avec le couple qui vieillit fonctionne d’enfer, mais j’ai beaucoup moins aimé le reste. Ou Vice-Versa qui a un excellent concept mais qui a du mal à en tirer autre chose qu’un sujet de court métrage gonflé sur 1h30. J’avoue que la perspective de voir leur nouveau dessin animé, sur un gamin voulant devenir guitariste et se trouvant coincé dans le monde des morts mexicains m’excitait autant que le dernier épisode de Joséphine Ange Gardien. Je ne pouvais pas avoir plus tort. Coco est une petite perle qui va directement rejoindre mon trio de tête des meilleurs films de l’année. Rien que ca.

Miguel vit au Mexique avec sa famille, travaillant dans la chaussure. La musique est bannie chez la famille après que l’arrière-arrière grand-mère de Miguel ait été quittée par un musicien parti chercher la gloire. Lors du jour des morts annuel, Miguel décide de désobéir à sa famille et d’aller voler la guitare de Ernesto de la Cruz, célébrité locale défunte, pour montrer ses talents de guitaristes à un concours de talent. Mais en le faisant, Miguel se retrouve propulsé dans le monde des morts. Il risque d’y rester bloqué à jamais s’il n’arrive pas à obtenir la bénédiction de sa famille et de ses ancêtres. Mais ceux-ci ne veulent bien lui accorder que s’il renonce à son tour à la musique. Miguel, entêté, se met en tête de trouver Ernesto, dont il soupçonne qu’il est le fameux musicien ayant quitté son ancêtre pour chercher la gloire, afin qu’il lui donne sa bénédiction.

Coco est un de ces rares films où le pitch est moins intéressant que les thèmes qu’il aborde. Ok Coco va vivre une sacrée aventure dans le monde des morts, pleine de rebondissements, de morceaux de guitare, épaulé par un squelette guitare et un chien errant loufoque. Certes. Mais l’intérêt du film n’est pas là. Son côté tire-larme non plus. Non, la grande force de Coco, c’est sa manière de parler de la famille, de la mort et du devoir de mémoire. Et il le fait avec une finesse d’écriture extraordinaire et avec de chouettes idées comme ces squelettes qui disparaissent définitivement du monde des morts si plus personne ne se souvient d’eux.

Et le film de rajouter une dimension intéressante avec Coco, le personnage qui donne son titre au dessin animé. Coco c’est l’arrière grand-mère de Miguel, sénile, la fameuse fille du musicien parti. Et elle devient le personnage le plus fort de tout le dessin animé en ayant a peine trois lignes de dialogues. Un tour de force. Il faut dire que, moi qui passe en ce moment mon temps libre à écrire, je ne peux que m’incliner devant le très haut niveau du script qui arrive à la fois à brasser des thématiques familiales et accessibles pour les enfants et un niveau de lecture pour les adultes assez profond. Le genre de film qui te fait dire « Bon, je crois que j’ai encore BEAUCOUP de boulot » pour faire ne serait-ce que moitié aussi bien.

Difficile de parler plus des péripéties de Miguel au royaume des morts sans en déflorer l’intrigue et les quelques petites surprises qu’elle réserve. Ce qu’on peut en dire, c’est que certes, il y a quelques chansons, passage obligé pour un film où la musique est au coeur, mais qu’elles ne sont jamais soûlantes ou entêtantes comme celle de la Reine des neiges. Pas de risque de voir vos gamins vous gonfler avec pendant des heures. Et sur la forme, le film arrive à parler de choses profondes avec un univers bigarré, plein de fluo et de couleurs chatoyantes, arrive à parler de la mort tout en étant très vivant, arrive à parler de famille avec un protagoniste qui veut s’en éloigner… bref, comme je l’ai déjà dit 10 fois en ces quelques lignes, Coco est vraiment un trésor d’écriture.

Bref, Coco ca vaut un 5/5 et j’en ai vraiment pas donné beaucoup cette année.

Ma note :

Post Author: Bemovie

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