Un illustre inconnu – Les pieds dans le tapis

On dit souvent que le cinéma français ne cherche plus à prendre des risques, qu’il se contente de ronfler tranquillement sur ses acquis. Ce n’est pas le cas ici, Un illustre inconnu utilisant un pitch plutôt audacieux pour donner un double rôle à Kassovitz. Sauf que dans sa réalisation, l’effet ne fonctionne pas, surtout avec la fameuse suspension d’incrédulité. Et on en vient à se demander pourquoi diantre ses proches n’arrivent pas à le reconnaître. Bref, si l’idée est excellente sur le papier et ferai sûrement un bon roman, une fois portée à l’écran, les choses se complexifient grandement, car tout est basé sur un gimmick visuel, à savoir un maquillage. Loupé.

Sébastien Nicolas est un monsieur tout le monde, un agent immobilier sans personnalité qui n’arrive à avoir une existence qu’en se grimant de manière à prendre l’apparence de personnes qu’il croise. Quitte à se mettre parfois en danger lorsque les proches des personnes en question se rendent compte de sa vraie identité. Il se fait un jour embaucher par Henri, un vieux violoniste acariâtre vivant reclus, cherchant à acheter un appartement. Ayant une certaine ressemblance avec lui, Sébastien commence à se prendre de plus en plus au jeu… quitte à finir par lui voler sa vie… et se retrouver impliqué dans ses relations avec son fils et son ancienne amante…

Le postulat est simple : Kasso joue Sébastien Nicolas et joue Henri. Mais il joue également Sébastien se déguisant en Henri ou en d’autres personnages. Et tout repose donc sur les maquillages que porte Kassovitz. Et sur une ficelle Hénorme, avec un grand H, à savoir la ressemblance entre Henri et Sébastien. Sans oublier sa capacité à imiter la gestuelle, la voix et les habitudes de ses « proies ». Comme je le disais en introduction, c’est un excellent pitch pour un roman. Sauf qu’une fois à l’écran, la seule chose que l’on voit que ce soit Sébastien Nicolas déguisé en Henri ou Henri lui même… c’est Kassovitz.

Du coup, ce qui devrait être une histoire particulièrement trouble, jouant sur les doubles personnalités avec une certaine volonté d’aller sur le terrain d’un De Palma, par exemple, se prend les pieds dans le tapis en ne permettant jamais au spectateur de croire à ce qu’il voit. Sans compter sur les maquillages annexes que porte Kasso pour ressembler à d’autres membres du casting comme un fleuriste ou un commissaire de police. Dans ce cas, malgré tout le talent des maquilleurs, le déguisement est trop grossier pour fonctionner, et on n’arrive jamais à y croire. Encore une fois, vraiment dommage, car ca aurai pu marcher.

Alors qu’en penser ? Le film a clairement le cul entre deux chaises. Si Kasso joue bien le mec paumé et sans personnalité, vivant par procuration, ca fonctionne beaucoup moins dès qu’il porte un déguisement. Du coup on n’arrive jamais totalement à rentrer dans le film. Delaporte et de La Pétellière signent un bon scénario… mais quasi inadaptable sur grand écran. Et prendre les meilleurs spécialistes en maquillages sur le marché n’y aurai rien changé. Du coup le projet se retrouve être mort né avant même d’être produit. Il n’en demeure pas moins que la tentative était intéressante.

Bref, Un Illustre Inconnu, ca aurai pu être bien… mais ca ne pouvait pas fonctionner. Mais on mettra des encouragements pour l’effort.

Ma note :

Post Author: Bemovie

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