6 days – Palpitant comme Derrick

Une recette qui marche a peu près tout le temps au cinéma, est de faire du biopic ou de parler d’un événement tragique pour en tirer une conclusion avec quelques titrages à la fin du film indiquant à quel point les personnes étaient héroïque et qu’elles sont mortes au fin fond du kentucky après avoir regardé Justice League doublé en québecois. En général, c’est un bon moyen de titiller la corde sensible des spectateurs qui a pu vivre comme spectateur externe les événements. Sauf qu’un bon biopic ou un bon film sur un événement arrive à s’élever au-dessus de l’histoire qu’il raconte pour parler d’autres choses qui fait écho avec notre quotidien. Hélas rien de toute cela dans 6 days qui est aussi pépère que possible et se contente de décrire platement les événements.

Avril 1980. Londres. Un groupe de soldats armés prend d’assaut l’ambassade iranienne et fait 90 prisonniers. Leurs revendication sont simples : faire cesser l’oppression dans leur région d’Arabistan par le régime islamique en place. Et pour cela, il veulent discuter à des portes paroles iraniens. Alors que le SAS s’apprête à donner l’assaut, Max, un négociateur de la police, se retrouve en première ligne et se rend compte que l’Iran n’a aucune envie de donner suite à leurs demandes, et que la ligue arabe n’interviendra pas non plus. Commencent alors 6 jours de tractation dans le vide…

Le problème de 6 days, c’est qu’il ne créée a aucun moment l’empathie. Ni avec les soldats qui dans l’absolu prennent en otage pour défendre une cause plutôt juste. Car leurs personnages sont finalement très peu présents à l’écran, et du coup ne permettent pas qu’on prenne fait et cause pour eux. Ni pour Max, le négociateur, qui s’impose comme contact avec les preneurs d’otages mais est vite dépassé par sa propre incapacité à faire quoi que ce soit pour eux. Ni par Rusty, sergent des SAS qui attend impatiemment de lancer l’assaut et finit par trouver le meilleur angle d’attaque en passant par les toits.

Et sans empathie pour aucun des personnages, on s’ennuie vite. Et ferme. Et le film a beau durer 95 minutes et quelques scènes de tensions où l’on croit que l’assaut va commencer fonctionner plutôt pas mal… on regarde quand même le tout en se curant le nez et en pensant à sa liste de courses. Et ce ne sont malheureusement pas Jamie Bell, Mark Strong et Abbie Cornish, qui se sont lancés dans cette galère, qui peuvent remonter le niveau, ayant vraiment trop peu à défendre pour intéresser le spectateur. Le premier se contente de macher son chewing-gum avec ses trois lignes de dialogues. Le second ne sert malheureusement pas à grand-chose, et la grande scène de la troisième consiste à raconter l’assaut alors que ses collègues battent en retraite.

Bref, on se retrouve devant un film aussi palpitant qu’un épisode de Derrick, car il n’a rien à raconter alors qu’il y avait pourtant de la matière avec un tel sujet…

Ma note :

Post Author: Bemovie

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