The Deuce – Welcome to porn paradise

The Wire étant pour moi la très sacro sainte série, ce qui s’est fait de mieux, le parangon que chacun devrait tenter d’atteindre [rajouter ici le superlatif de votre choix], je ne peux qu’être attentif à chaque nouveau projet porté par David Simon. Si Treme était sympa mais m’avait laissé sur ma faim avec ses intrigues plus légères, Simon revient en force avec une série se déroulant durant les années 70s à New York, et consacrée à la naissance de l’industrie du porno, se payant au passage deux têtes d’affiche, à savoir James Franco et Maggie Gyllenhaal. De quoi donner envie. Et si on retrouve le rythme très lent qui est sa marque de fabrique, il faut bien se l’avouer, David Simon revient en grande forme.

The Deuce, à savoir la 42ème rue à Manhattan. Ici vit un microcosme de macs, prostituées, barmen, petites frappes et flics fatigués. Histoires croisées de plusieurs personnes, à savoir les jumeaux Martino, avec Vincent le barman particulièrement efficace se trouvant à bosser pour la mafia et Frankie qui ne fait que se mettre dans des coups foireux. Egalement Candy, prostituée indépendante qui pense de plus en plus à chercher une solution pour se mettre à l’abri de la violence endémique sans pour autant tomber sous la coupelle d’un mac. C.C. un mac qui n’hésite pas à sortir son couteau et sent le vent tourner avec l’arrivée de salons de massage et des premiers films porno, mais aussi des journalistes, des flics, des prostituée, une étudiante… bref, vie et mort du microcosme du Deuce.

The Deuce prend une forme différente de ce qu’on attend d’une série classique. Pas de cliffhanger. Pas de personnage principal. Car comme l’indique le titre, le personnage principal, c’est le quartier lui même. Alors certes, Franko et Gyllenhaal sont particulièrement mis en avant, mais c’est également le cas pour un paquet de personnages secondaires. Que ce soit un flic fatigué de voir tous ses collègues corrompus racketer les petits commerces et s’associant avec une journaliste pour faire éclater la vérité… à moins qu’un nouveau chef ne vienne calmer ses ardeurs. Ou une étudiante, fille à papa, qui cherche à tracer son propre sillon tout en étant particulièrement paumé. Ou un frangin dans le BTP qui par la force des choses va gérer un « salon de massage », ou encore une jeune fille sortie tout droit de sa campagne profonde qui se retrouve à faire le tapin.

Du coup, en racontant toutes ces histoires en parallèle, le rythme de The Deuce est lent. Il n’y a pas de cliffhanger. Il n’y a pas de scène d’action. Il montre juste, lentement, calmement, méthodiquement, le glissement progressif qu’il y a eu de la prostitution vers le porno, les travailleuses de la première catégorie tombant facilement dans le second, beaucoup moins contraignant et dangereux pour elles… tout en croisant la petite et la grande histoire, avec entre autre la sortie du film Deepthroat avec Linda Lovelace. Et comme d’hab avec Simon, tous les personnages sont intéressants… des macs qui passent leur temps à discuter de leurs filles en bouffant, des filles paumées au QI d’huitre à celles qui tentent de faire bouger les choses, du petit pornographe pas très doué qui va s’associer avec une prostituée visionnaire au tenancier de sex shop qui découvre que les machines projetant des films de cul sont ultra rentables.

Et c’est cette somme de petites histoires disparates qui font toute la saveur de la série. Mais sa construction particulière fait que tout le monde ne sera pas en mesure de l’apprécier à sa juste valeur. Un peu comme pour The Wire, qui avait ce même rythme lent et méthodique. Alors certes, il y a ici bien plus de nichon, et Gyllenhaal passe plus de temps à poil qu’habillée (mais c’est plutôt une constante chez elle), mais Simon sait où il mène sa barque et du coup ses acteurs sont au diapason. Même James Franco, qui est souvent tête à claque et pourrai l’être encore plus dans un double rôle de jumeaux arrive à montrer que bien dirigé, il peut bien jouer.

Bref, The Deuce est une nouvelle petite pépite, et j’ai hâte d’en voir la suite.

Ma note :

Post Author: Bemovie

1 thought on “The Deuce – Welcome to porn paradise

    person

    (4 janvier 2018 - 0 h 43 min)

    Et Homicide?

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