Shot Caller – Un chouette rôle pour Jamie Lanister

Ce qui est compliqué, lorsqu’on joue dans la série la plus regardée au monde, c’est de pouvoir rebondir derrière et avoir une vraie carrière intéressante. Peter « Tyrion » Dinklage, par exemple, a enchainé les nanars et n’a eu qu’un seul vrai bon rôle, dans X-Men. Kit « Jon Snow » Harrington pareil. Emilia « Daenerys » Clarke, était transparent en Sarah Connor. Etc, etc… en fait les seuls à s’en sortir sont ceux qui avaient déjà une carrière avant, comme Lena « Circée » Headey ou Aidan « Littlefinger » Gillen. Jusqu’ici, Nikolaj Coster-Waldau, alias Jamie Lannister n’y arrivait pas des masses non plus, sorti de quelques films danois. Et est arrivé Shot Caller.

Après un accident de voiture tragique, Jacob est envoyé en prison. Arrivant dans une des pires du coin, il se retrouve à chercher la protection d’un gang pour survivre, et se trouve liés aux petits trafics des suprémacistes blanc. Etant constamment menacé qu’on s’en prenne à sa famille s’il n’obéit par aux ordres, Jacob se coupe progressivement de sa famille pour les protéger. Lorsqu’il sort enfin de prison, il doit faire face à ses choix, tout en essayant de gérer un deal d’arme qui a toutes les chances de capoter alors qu’une taupe est infiltrée dans le gang et cherche à tout faire capoter…

Dans l’absolu, Shot Caller n’est pas d’une originalité folle. On a déjà vu des films de prison (ce qu’est shot caller la moitié du temps, dans ses flashback), on a déjà vu des films sur des prisonniers qui sortent et tentent de continuer leur petit business et on a également vu des films où ceux ci doivent jongler entre business et tentative de protéger leur famille. Donc rien d’original dans l’absolu. Sauf qu’ici, la manière dont les différents éléments sont imbriqués les uns avec les autres fonctionne du tonnerre, et que la casting, particulièrement bien senti aide beaucoup. Il faut dire qu’avec un lieutenant suprémaciste incarné par Jon « The Punisher » Bernthal, forcément, de suite, ca envoie…

Surtout, la force du film, c’est de ne laisser aucun répit et presque aucune porte ouverte à son personnage pour s’en sortir, le piégeant indéfiniment dans une spirale de plus en plus violente, et transformant ce trader en costard cravate en patron de gang, à force de choix contraints et de manipulation de son entourage pour sauver sa peau. Une sorte de paradoxe où plus le personnage essaie de s’en sortir, plus il s’enfonce encore plus dans la criminalité pour sauver sa peau et celle des siens. Et c’est là que le script de Ric Roman Waug, également réalisateur, tape le plus fort.

Waug avait également réalisé Snitch, avec The Rock, en bon père de famille obligé de faire l’indic au sein d’un gang pour sauver sa famille, inspiré d’une histoire vraie. C’était un petit B regardable à défaut d’être extraordinaire, mais là on est vraiment un gros cran au-dessus. Et là où Coster-Waldau montre au fil des saisons de GoT qu’il est un grand acteur en étant de plus ambigu et sur la retenue par rapport à sa jumelle de plus en plus aggressive, il le confirme ici où, tatoué de la tête au pied et arborant une moustache et un bouc de redneck, il est aussi touchant dans les rares scènes où il brise la carapace que dans celle où il se retrouve contraint à jouer des poings ou du surin.

Alors que nos écrans sont inondés chaque été de mauvais films, c’est encore une fois les meilleurs qui arrivent chez nous directement en VOD. Après Colossal, ma petite pépite de l’été, Shot Caller n’est pas très loin derrière en termes de qualité. Plutôt que de nous abreuver de blockbusters insipides, c’est ce type de film qui devrait se retrouver au cinéma. Mais voilà, faute de superstar en tête d’affiche, la plupart d’entre vous sera sûrement passé à côté. Il faut dire que la francisation du titre en « L’exécuteur » n’aide pas à donner envie, donnant l’impression d’un obscur B avec Steven Seagal plutôt qu’en vrain bon film.

Bref, Shot Caller, c’est à voir, et c’est très bien.

Ma note :

Post Author: Bemovie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *