Sbires – Que le plus fourbe gagne

Une fois n’est pas coutume, commençons la semaine par un jeu. Si j’en parle, c’est que je l’ai réçu récemment après un kickstarter l’an dernier, et que depuis on a pas mal enchaîné les parties avec ma fille ou avec mes potes. Et comme ce jeu est un réservoir à filsdeputerie (j’invente des mots si je veux) et que se faire des crasses et des coup bas est une de mes grandes passions, le jeu était fait pour moi. Alors certes, il génère un certain chaos qui fait qu’il est parfois difficile de garder une stratégie sur le long terme… et pourtant dans ce foutoir ambiant, une chose est sûre, seul le plus fourbe et le plus opportuniste gagne. Un jeu qui sacralise les enfoirés, c’est toujours sympas.

Les cartes du château, créant le moteur de point

C’est le foutoir en ville, le sénéchal vient de clamser. Plusieurs maisons (jusqu’à 5) se mettent sur les rangs pour accéder au titre et remplacer le défunt. Mais plutôt que de s’affronter directement pendant 4 jours afin de montrer sa bravoure et sa loyauté, chaque famille va utiliser ses sbires, au nombre de 8, pour aller prendre le contrôle d’un des cinq quartiers de la ville (6 dans la version ks), avec un double système de construction de deck et de majorité pour le faire, puis en utilisant les cartes de ce deck pour faire les pires crasses à ses adversaires et engranger des points de victoire, avant de passer au jour suivant. Et 4 jours, ca passe très vite.

Le visuel des sbires de 4 maisons. Tous aussi moches et idiots. Donc parfaits.

Le jeu est vraiment divisé en deux phases. Dans la première, chaque joueur pose à son tour un de ses sbires dans un des quartiers et y prend une carte. Le nombre de sbires dans chaque quartier est limité selon le nombre de joueurs (4 à 2 joueurs, 5 à 3 joueurs, etc.). Et les cartes de chaque quartier sont différentes. On a la taverne, où les cartes permettent de voler des points ou des cartes à l’adversaire et permet plein de petites saloperies. Le château, lui, permet de se faire un moteur de points et d’attaquer ceux des autres. La grand-place permet de lancer des duels (j’y reviendrai) avec ses adversaires et/ou de profiter d’avantages supplémentaires. L’église permet de booster ses points ou d’obtenir des relances de dés pour les duels. Enfin, la salle d’armes permet de s’équiper pour les duels.

Quelques cartes de la taverne, faites pour emmerder les adversaires

En plus de cela, chaque lieu possède une super carte, un atout, très puissant. Une fois tous les sbires de chaque joueur posé, on regarde si l’un d’entre eux est majoritaire dans un lieu. Si c’est le cas, il a le droit de tirer une carte supplémentaire. Une fois les mains constituées, le carnage peut commencer. Chacun son tour, le joueur peut faire une action parmi trois : jouer une carte « instant » avec un effet immédiat, qu’il défausse dans la foulée, jouer une carte pour la mettre dans sa réserve (la réserve a une carte de 8 cartes et est constituée par les cartes « en jeu ». Si elle est pleine, le joueur en défausse une pour en mettre une nouvelle) ou utiliser le pouvoir d’une des cartes de sa réserve, qu’il incline au passage. Et c’est tout.

Comme vous le voyiez, la mécanique est ultra simple. Il ne reste plus qu’à vous expliquer celle du duel. Pour lancer un duel, il faut une carte gant, qu’on jette à la face d’un adversaire, et si possible l’accompagner d’une arme. Sur celle-ci est indiquée un chiffre minimum à faire en attaque et en défense, sur un D6. Selon son rôle, attaquant ou défenseur, on prendra la bonne valeur. L’attaquant lance trois dés pour toucher. Le défenseur lance autant de dés qu’il y a de touches réussies. Pour chaque touche réussie, le défenseur perd un point, l’attaquant lui en gagne cinq si au moins une porte. Si le défenseur annule toutes les blessures (grace au dés ou en utilisant le pouvoir de certaines cartes), c’est lui qui gagne, mais seulement deux points, tandis que l’attaquant en perd un. Le jeu favorise donc l’approche offensive.

Deux des animaux exclusifs de la version kickstarters

Les mécaniques de sbires s’apprennent donc en trois minutes montre en main. Par contre il faut une ou deux parties pour bien comprendre l’utilité de chaque quartier et comment à élaborer une stratégie. A plusieurs joueurs se met souvent en place un acharnement un contre tous en défaveur de celui qui a l’outrecuidance de caracoler en tête. Et entre les effets de défausse ou de vol de cartes et les duels, il peut vite en prendre plein la figure. Ce qui amène, comme dit en intro, un certain chaos dans la partie.

Il y a deux catégories de joueurs : ceux qui ne jurent que par les mécaniques à l’allemande, calculatoires, complexes, sans chaos, qui récompensent uniquement le plus malin. Et il y a ceux qui ne sont pas dérangés par le fait de jouer aussi à des jeux plus bordéliques où le plus malin est avant tout le plus opportuniste, et non celui qui met en place un beau moteur de point. Si vous êtes dans la deuxième catégorie de joueur, vous apprécierez Sbires. D’autant plus qu’avec la version kickstarter, le jeu propose un plateau bien plus beau, plein de cartes en plus, un nouveau quartier, aux cartes assez utilitaires et qui a la spécificité de ne pas avoir de mécanique de majorité, et un sac de voyage pour transporter le tout.

Bref, Sbires c’est chouette. Un peu lourd pour un jeu d’apéro, mais parfait pour se chauffer avant du plus velu.

Ma note :

Post Author: Bemovie

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