Lucid Dream – Un jour sans fin

S’il est vrai que je suis le premier à encenser le cinéma coréen pour ses uppercuts qu’il nous assène avec une régularité métronomique dès qu’il s’agit de polars bien poisseux, on oublie un peu vite qu’au delà de ces quelques films qui parviennent jusqu’à nous, leur production est absolument pléthorique, avec en tête des bluettes et des sitcoms qu’ils produisent à la chaîne. Et puis ils ont également leurs « films du milieu », ces films sans tête d’affiche ni gros réalisateur aux commandes, et qui sont relativement sympathiques sans pour autant être transcendants. Lucid Dream est de ceux-ci avec un pitch ludique et une exécution sans moment de grâce.

Choi Dae-Ho, un journaliste qui enquête sur un scandale de corruption échoue à faire tomber le politique qu’il ciblait par son enquête. Peu de temps après, son fils se fait enlever alors qu’ils vont tout deux au parc. Trois ans plus tard, l’enquête piétine toujours autant. Dae-Ho entend parler d’une technique, le rêve lucide, qui a permis de résoudre une enquête criminelle. Il décide donc de s’y livrer lui aussi, revivant sans cesse la même journée pour essayer de récolter des indices le mettant sur la trace de son fils, épaulé par un commissaire motivé pour l’aider…

Dit comme cela, le pitch est plutôt intéressant, semblant être une variation amusant d’un jour sans fin, où le personnage principal va revivre la même situation en essayant d’y trouver de nouvelles informations. Sauf que le film prend vite des chemins de travers et complique la donne, y rajoutant une surcouche dont il n’avait pas forcément besoin, le concept ludique de ses prémices se suffisant à lui même. Et c’est bien là son soucis, en voulant prendre le spectateur par surprise, le script passe d’un côté pseudo-science qui arrive à emmener le spectateur avec lui à un too much qui l’en fait sortir.

Pourtant, en soi, la quête du personnage principal fonctionne, et le twist sur le personnage qui tire les ficelles est bien senti et plutôt bien amené, m’ayant piégé moi aussi. Mais voilà, la suspension d’incrédulité est un principe à manier avec précaution, c’est ce qui m’avait fait totalement sortir d’Interstellar par exemple, avec ses différences d’écoulement du temps abracadabrantesques et ses explications fumeuses sur les trous noirs. Et du coup, si j’ai regardé la première moitié de Lucid Dream avec attention, j’avoue avoir un peu décroché, traînant sur internet en même temps pendant la seconde.

Néanmoins, ne boudons pas tout à fait notre plaisir non plus. J’ai l’impression que les films coréens arrivent un peu moins sur nos écrans dernièrement, après quelques années fastes, et du coup tout canal permettant d’en découvrir de nouveaux (ici il s’agit de Netflix) est le bienvenu. Mais le pays du matin calme continue à avoir une production pléthorique, usant finalement d’une stratégie similaire à celle pratique par les USA en leur temps et par le Japon plus récemment : conquérir des nouveaux marchés en essayant d’asseoir à la fois une domination technologique (dont le fleuron doit être Samsung) et culturelle (via l’exportation massive de leur cinéma et de leur musique).

Lucid Dream n’est donc pas le film du siècle, et même franchement moyen, mais en cette période de disette coréenne sur nos écrans, pourquoi pas…

Ma note :

Post Author: Bemovie

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